Publié le : 14 avril 2011 10h06
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Le campus du Futuroscope sera tourné vers les sciences pour l’ingénieur ou ne sera pas. D’ici cinq ans, le pharaonique laboratoire «Pprime » rassemblera ses forces sur le site de la Technopole. Avec, pour conséquence, un peu moins d’étudiants mais plus de chercheurs
L’heure est à la rationalisation. Dépourvu d’une réelle identité depuis sa création au début des années 1990, le campus du Futuroscope va résolument se spécialiser dans la recherche en sciences pour l’ingénieur. Exit les 130 étudiants en communication de l’Icomtec. Comme leurs camarades de licence et master de mathématiques, ils quitteront bientôt la Technopole pour investir de nouveaux locaux à Poitiers. Les premiers rejoindront un grand pôle d’économie et de gestion en centre-ville, tandis que les seconds s’installeront près de la faculté de sciences fondamentales. C’est en tout cas la proposition formulée dans le schéma directeur immobilier adopté par le conseil d’administration de l’université, en juillet 2010.
540 chercheurs, 1000 étudiants
Le champ disciplinaire des sciences pour l’ingénieur rassemblera, sur le site, les 550 élèves ingénieurs de l’Ensma,ainsi que 300 étudiants au SP2MI. Seuls les 3es années de licence et les master de l’université resteront sur la Technopole. Au final, si tout se passe comme prévu, le nombre d’étudiants passera de 1 000 à un peu plus de 850, toutes filières confondues. Mais les effectifs dédiés à la recherche, de leur côté, progresseront.
Pierre angulaire de cette mutation, le laboratoire Pprime concentrera, d’ici cinq ans, l’intégralité de ses forces autour de l’Ensma et de l’université, représentée sur la Technopole par le SP2MI. En chiffres, cette unité propre du CNRS fédère, depuis un an, six laboratoires poitevins experts en matériaux, mécanique et énergie. Autrement dit, 540 personnes (dont 250 enseignants-chercheurs et 160 doctorants) et 450 publications dans des revues
scientifiques en 2010. Ses ressources propres s’élèvent à 9 millions d’euros (M€). Qu’il convient d’ajouter à une masse salariale estimée à 14,5M€. « Nos chercheurs travaillent sur les moteurs d’avion, de la combustion à la résistance des matériaux à haute température, en passant par le bruit », résume le directeur du laboratoire Pprime, Jean-Paul Bonnet.
Les retombées économiques du CEAT
Ce pôle prendra toute son ampleur à l’arrivée des installations et des 41 salariés du Centre d’études aérodynamiques et thermiques, sur six hectares derrière l’Ensma (actuellement, le CEAT se situe en face de l’aéroport de Biard). L’ensemble ainsi
constitué bénéficiera d’une visibilité internationale. De quoi prétendre aux fonds du Grand emprunt (voir encadré). D’un point de vue économique, les retombées seront en tout cas importantes : « En 2010, les activités de recherche effectuées pour le compte d’entreprises privées ont rapporté 2,5M€ au CEAT. On peut estimer que ce montant sera multiplié par deux ou trois », conclut Jean-Paul Bonnet.